Un héritage liturgique à transmettre

Pourquoi la liturgie traditionnelle ?

« Parmi les bienfaits dont l’âme se trouve redevable à la tradition liturgique, disait Dom Gérard, il faut mentionner d’abord le primat de la contemplation sur toute autre activité ». Et à un artisan de la réforme liturgique qui lui demandait les raisons de son attachement à la liturgie traditionnelle, il répondit que c’était « pour des raisons d’amour » − « Alors à cela, il n’y a rien à répondre ! » s’exclama ce prêtre.

Dans sa biographie consacrée au Fondateur et premier Abbé du Barroux, Yves Chiron précise cependant : « L’attachement de Dom Gérard à la liturgie traditionnelle n’était pas sentimental ou seulement esthétique. Il se fondait sur des raisons solides qu’on trouve exprimées, à cette époque, dans la préface qu’il donne à une réédition des Institutions liturgiques de Dom Guéranger« .

« Ce que Dom Guéranger portait en lui, écrit Dom Gérard, ce qu’il nous a transmis, c’est l’idée liturgique ». Le restaurateur de Solesmes et de la liturgie romaine en France a su montrer « le lien serré, incassable, entre la foi de l’Église et sa tradition liturgique » et « la victoire de la liturgie traditionnelle après un siècle et demi d’innovation et de dégradation, est encourageante pour nous qui nous trouvons dans une situation analogue à celle de Dom Guéranger ».

C’est dans cet esprit que l’Ordre de saint Remi désire conserver le trésor de la liturgie latine traditionnelle. Convaincus de la fabuleuse force d’évangélisation qu’elle véhicule, les Chanoines de Saint-Remi offrent leurs services aux fidèles qui les sollicitent pour la célébration des Sacrements ou de funérailles, en lien avec les curés.

« Quel sera votre charisme apostolique ? », avait demandé Mgr Rey – « L’apostolat de la liturgie », avions-nous répondu. Comme naguère Cluny communiqua autour de lui sa dévotion pour le Ciel par le rayonnement de la liturgie et de l’art plutôt que par la prédication. Plus illustre fils de saint Benoît, saint Grégoire Ier le Grand, sorti de son monastère malgré lui pour être élevé au sommet de la hiérarchie ecclésiastique, travailla si bien à la riche œuvre liturgique qu’il laissa son nom au chant propre de la Sainte Église latine et fut en même temps un admirable évangélisateur par missionnaires interposés, devenant notamment l’Apôtre des Angles.